Les cités-franches : Véronèse - Gar-Vallon

 

VÉRONÈSE

« Toute pimpante, la cité-franche se composait de bâtiments en bois accolés les uns aux autres, vernissés de teintes pastelles. Orange, jaune, vert, vieux rose ou bleu. Cet assortiment de couleurs gaies allait de pair avec les rues propres, aérées, tranquilles, qu’ils se mirent à remonter.
Le vent charriait les odeurs fleuries jusque dans la ville, fraîches et nuancées, ce qui était loin d’être désagréable. Jamais une agglomération n’avait senti aussi agréablement bon aux souvenirs de l’adhan. En revanche, cette richesse olfactive harcelait l’odorat de Gheritarish, le saoulant presque d’un surplus de senteurs.
Véronèse abritait une population à dominante humaine. Les hommes portaient des vestes galonnées, des capes courtes au tissé fluide, des pantalons serrés ; les femmes des robes longues surmontées d’une épaisse tunique et d’un gilet. Les couleurs en vogue étaient celles de l’automne, les tissus à la mode le velours et le daim. Régulièrement, les revers des vestes et des gilets s’enrichissaient d’une fleur, voire d’un bouquet. Les hommes semblaient apprécier les catogans et les boucs bien taillés, les femmes le cheveu mi-long et dénoué. Les deux sexes portaient un béret plat, assorti à leur tenue, orné le plus souvent d’une plume, de perles ou de métal ornementé.
Quant à l’attitude des autochtones, elle semblait avant tout paisible. Les gens qu’ils croisaient les considérèrent avec un zeste de curiosité mais sans aucune once d’agressivité.
Les guerriers du Chaos avançaient dans l’artère principale. Les rues étaient éclairées de hauts lampadaires dans lesquels on avait inséré un bloc de gemmelitte jaune que l’on remplaçait une fois hors d’usage ; plutôt larges, les voies avaient cependant un tracé sinueux. au nord et à l’est, dès que l’on levait la tête, on pouvait s’imprégner de la présence imposante de la montagne et de son alliée, la forêt. »

 

GaR-VaLLON

« Il arriva à Gar-Vallon en milieu d’après-midi, le téléporteur le déposant directement à proximité de l’hôtel de ville.
(…)
L’ange sortit à l’air libre. Il n’avait plus que quelques pas à faire. au milieu de la place d’Isildas, juste en face de lui, le bâtiment municipal où officiait la conseillère de Férimond. Il marqua un temps d’arrêt, histoire de se pénétrer de ce nouvel environnement.
Le Plan Primaire connaissait cette période intermédiaire entre l’hiver et le printemps, annonciatrice de renouveau, où le soleil commençait à faire preuve d’acuité mais encore sans parvenir à repousser les apprêts du froid. Le ciel brillait de son azuré chatoyant, traversé par une équipée de nuages blanc qui naviguaient paresseusement tels des navires à longue course. L’adhan était cerné de bâtiments massifs, carrés ou rectangulaires, en pierre blanche pour la plupart. Souvent agrémentés des balcons soutenus par des colonnades torsadées. La cité respirait cette aura d’opulence et d’ordre policé, de civilisation, que, pour sa part, il avait toujours trouvé un peu étouffante... Cette habituelle aura mais pas seulement. Car cette nervosité qu’il avait décelé chez les mercenaires-francs occultait l’atmosphère que Cellendhyll connaissait à la cité. Elle se retrouvait dans la rue, imprégnant les visages, les postures ou les démarches. Cette explosion, bien sûr. Les gens ne cachaient pas leur inquiétude, ils marchaient vite, malgré leur air prospère. Il y avait bien moins de circulation que dans le souvenir de l’adhan. Qui aperçut à l’autre bout de la place une patrouille de cavaliers de la compagnie-franche du Cygne, réputée dans tous les Territoires-Francs. Leur présence dans le centre-ville n’augurait rien de bon. »

 

 

 

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